Légendes

Avant que le souvenir n’en disparaisse à jamais, nous avons collecté quelques légendes et autres histoires locales.

Le puits de Montchevrin

Dans le jardin de la ferme de Montchevrin, il y a un puits dans lequel les gens de l’endroit puisent toute l’eau potable dont ils ont besoin. Ce puits est très ancien et fort profond. Si l’on y descendait, disent les gens, on verrait dans la muraille, un peu au-dessus du niveau de l’eau, une porte de fer qui ferme l’entrée d’un souterrain se rendant au château de Pouzy et de là, à celui de la Coudraie (commune du Veurdre).

 

Dans ce puits se passent des choses étonnantes. La veille de toutes les grandes fêtes chrétiennes, à la tombée de la nuit, on entend des cloches qui carillonnent au fond. Et chaque fois qu’une guerre éclate en Europe, si on se penche au-dessus de l’ouverture du puits, on perçoit, lorsque les belligérants sont aux proses, des roulements de tambour, des sonneries de clairons, des bruits de fusillade, des grondements de canon, des plaintes de blessés, des râles de mourants…

 

Georges Piquand, Légendes bourbonnaises, 1936/53, réédit. Laffitte Reprints, p. 346-347.

La pierre du pont des Dames

Dans les temps anciens, il existait au Pont des Dames une grosse pierre, sur le bord de la route. On disait qu’il ne fallait surtout pas la bouger, la changer de place : cela portait malheur.

L'herbe qui évère

On racontait que, dans les bois de « Champroux », certains s’étaient égarés à cause d’une herbe sur laquelle ils avaient marché. On appelait cette plante magique « l’herbe qui évère » (l’herbe qui égare, en parler bourbonnais). Il fallait toujours prendre garde où l’on mettait les pieds…

Raconté par Mme Roy, à Pouzy

L'araignée de Montchevrin

Entre Lurcy et Champroux, près de la commune de Pouzy, s’élevait autrefois le château de Montchevrin dont l’emplacement est aujourd’hui occupé par une ferme.

Ce château resta inhabité pendant plus de deux cents ans avant d’être si bien démoli que l’on ne retrouve plus sa trace exacte. Des soldats étant venus à passer par-là y séjournèrent quatre ou cinq jours.

Deux d’entre eux couchèrent au château sur de la paille dont ils avaient recouvert le plancher.

Le lendemain, un camarade les trouva morts à l’endroit où ils s’étaient étendus pour dormir. Ils paraissaient avoir été étranglés.

Deux autres voulurent passer la nuit suivante à la même place. On le leur permit. Le jour venu, on constata qu’ils étaient sans vie et portaient des traces de pression au cou.

Un cinquième soldat voulut encore coucher au château. On le laissa faire. Ne s’étant pas endormi, vers minuit, il crut entendre près de lui un bruit de pas légers et rapides.

Vivement, il fit de la lumière et aperçut sur le plancher, se dirigeant de son côté, une énorme araignée.

Il saisit son sabre et la tua. Cette araignée pesait trois livres…

 

Georges Piquand, Légendes bourbonnaises, 1936/53, réédit. Laffitte Reprints, p. 346.